Le paradoxe Nigérian

par JCK
0 commentaire 4 vues
LE PARADOXE NIGÉRIAN LEKKI IKOYI BRIDGE

Il y a un dicton à Lagos qui dit que si tu peux survivre et réussir au Nigeria, il y a pas un endroit  au monde ou tu n’y arriveras pas. La première puissance économique d’Afrique est un pays plein de contrastes. Voici quelques éléments du paradoxe nigérian.

> La plus grosse concentration de milliardaires en Afrique, et l’un des taux de pauvreté parmi les plus élevés du continent.

> Une puissance pétrolière de premier plan, parmi les trois premiers producteurs africains de gaz, mais quasiment pas d’électricité dans les zones de production, avec une capitale qui par moment est privée de courant durant des jours.

> Un TGV usant de la dernière technologie motrice, de surcroît luxueux et moderne, qui traverse des zones où les populations sont restées figées au siècle passée.

> L’un des effectifs militaires comptant le plus d’hommes, pour une des armées parmi les plus équipées d’Afrique, qui fait face sans succès à l’une des rébellions parmi les plus actives et violentes du continent.

> Une capitale politique, Abuja, qui en certains endroits n’a rien à envier à Londres ou Paris et des immenses townships autours de la capitale économique où l’on meurt de faim.

> Un réseau routier d’autoroutes denses et modernes, sur lesquels règnent en maître, de jour comme de nuit, des coupeurs de route qui opèrent 365 jours/365.

> Un géant agricole, 1er producteur mondial de nombreuses spéculations. Par exemple  1er mondial pour l’igname avec 35 millions de tonnes dont une partie est exportée vers les USA, ou encore 3e africain pour le cacao, et 1er africain pour l’ananas, mais un pays totalement méconnu pour cette puissance verte.

> Créateur de 45 fois plus de richesses par an que le Niger, les 200 millions d’habitants du Nigéria, ont quasiment le même IDH (Indice de Developpement Humain) que le Niger; Indice qui prend en compte la qualité de vie en général des populations sur l’ensemble du territoire.

> L’un des plus longs ponts d’Afrique, le Third Mainland Bridge à Lagos, (12 km soit 6 fois la longueur du HKB), et des milliers de kilomètres de détournements à faire, pour enjamber le fleuve Niger ou par endroit des zones économiques sont séparées par des berges distantes de seulement 3 ou 4 kilomètres.

> Un PIB boosté par le pétrole qui en une seule année correspond à 10 ans de PIB de la Côte d’Ivoire. Qui dit PIB, dit production de richesse, mais une immigration professionnelle qui se fait essentiellement dans le sens Nigeria – Côte d’Ivoire, avec une forte population, notamment Ibo et haoussa qui vient chercher la richesse tant espérée sur le sol ivoirien.

> 60 % de la population qui vit avec moins de 600F CFA par jour, tandis que les 5 hommes les plus riches du pays ont une fortune cumulée de 30 milliards de dollars, soit plus que l’ensemble du budget national du pays sur une année.

> Le PIB de la seule ville de Lagos est supérieur à ceux de Maltes + Andorre + Monaco + Chypre réunis, tous membres de l’Union européenne, mais le pays reste sous développés.

> Le seul pays d’Afrique qui a mis en place un fond à la BAD en 1976, le FSN ( Fond Spécial du Nigeria ) pour aider les petits pays africains en proie à des difficultés de financement, fond toujours en vigueur, mais qui lui-même peine à financer certains pans de sa propre économie. 

> Que penser des incessantes pénuries de carburant à la pompe chez celui qui est le 1er producteur africain de pétrole? L’ivoirien répondra: » c’est bizarre « !

> Et comme un peu partout en Afrique, une population ultra jeune, et une classe politique ultra vieille avec les mêmes hommes qui se relaient au pouvoir depuis plus de 30 ans. Lactuel président, Buhari a déjà été à la tête du Nigéria il y a ….36 ans.

Au fond un pays spécial dans presque tous les domaines, qui abrite un peuple qui est heureusement travailleur et très résilient.

YOU MAY ALSO LIKE

Laissez un commentaire

Activer les notifications    OK Non, merci.