Côte d’Ivoire : L’île aux serpents, la vraie histoire

par JCK
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L'ile aux serpents

« Ce serpent élancé à tête faiblement ou non distincte du cou est particulièrement dangereux. Autant il peut être docile, autant il s’attaque à l’homme le considérant comme une proie potentielle, qu’il ne pourrait pourtant pas avaler. Les écailles sont lisses, très obliques. La narine est située entre deux nasales et l’internasale. L’anale est entière. Ces Serpents sont très agiles et agressifs, ils s’attaquent même aux bœufs , souvent sans raison apparente.

Noc-turnes, ils vivent durant le jour dans des terriers. Ils aiment les lieux humides et se baignent souvent mais ne survivraient pas à une longue plongée en apnée. Ils sont ovipares. Leur régime alimentaire comporte des insectes, des mammifères, des batraciens, des oiseaux, des serpents. Ils peuvent avaler des œufs qui sont digérés sans se briser. Lorsqu’ils attaquent, ils dilatent leur cou transversalement par redressement des côtes cervicales et lancent souvent un jet de venin, d’où leur nom de «cracheur. » Ce serpent est le Naja Laurenti de Côte d’Ivoire, communément appelé Naja en Inde. Vous savez le serpent qui danse aux ultrasons des flûtes. Oui oui il y a en Côte d’Ivoire. »

Ce que vous venez de lire est tiré d’un document publié en 1963. C’est un extrait des recherches du professeur J. Doucet. Le titre : Les Serpents de la République de Côte d’Ivoire /ORSTOM (Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer) . De 1959 à 1963 après avoir capturé un grand nombre de ces Najas, le professeur J. Doucet s’est mis à rechercher un endroit où ces dizaines de spécimens pouvaient être relâchés dans la nature sans qu’ils ne représentent un danger pour la population en pleine expansion.

À cette époque L’ORSTOM était situé sur l’actuelle route de Dabou en bordure de lagune à Adiopodoumé. Aujourd’hui ce site abrite le siège du CNRA au niveau du kilomètre 17. Le professeur Doucet à eu alors l’idée de transférer ses serpents sur l’une des plus petites îles de l’archipel d’Abidjan à quelques encablures du centre de recherche. l’île aux serpents » est ainsi née dans la lagune Ebrié proche de Songon. Elle a servi durant 10 ans d’ herpetarium spécialisé dans l’élevage de toutes sortes de serpents très venimeux. Évidemment l’objectif de cet ex colon n’était pas capturer ces serpents dangereux pour les isoler sur l’île qu’à des fins de recherche scientifique.

Pourquoi a-t-il entrepris cet étrange projet ? Tout simplement pour l’argent. En effet, le centilitre de venin de Naja coûte une fortune puisque l’on s’en sert pour justement faire des sérums antivenineux. Un antivenin est une composition biologique utilisée en guise de traitement contre des piqûres ou morsures venimeuses. L’antivenin est créé par extraction du venin du serpent, de l’araignée ou de scorpion. Ceci étant dit, bonne chance à ceux qui après cette lecture pensent pouvoir aller capturer quelques najas et faire fortune. En conclusion on peut dire que nul ne sait si ces dangereux serpents se sont multipliés à l’infini, ou s’ils se sont entretués. Personne ne le sait vraiment, par contre certitude est que des dizaines y ont été transférés, donc prudence…

Sources: Doucet, Les Serpents de la République de Côte d’Ivoire P 337.
MOREL, P. C. (1959). Enquête sur les parasites des animaux domestiques en
République de Côte d’Ivoire. – Publ. Lab. Fédéral de l’Elevage Georges Curasson, 63 pp.
PAULI AN, R. (1947). Ophidiens du Banco (Côte d’Ivoire). – Notes africaines, No 33, 1.
PHISALIX, M. (1922). Animaux venimeux et venins. – Paris: Masson & Cie.

Photo crédit : Nader Fahkry

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